L’inflation repart à la baisse en septembre

03/10/2022
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L’inflation en septembre décélère sensiblement, avec une hausse des prix en glissement annuel de 5,6 %, contre 5,9 % en août.

 

Selon la dernière analyse d’Asterès, sur un mois, les prix baissent de -0,5 %. La prévision pour les mois à venir est rendue complexe par des forces contraires : de nombreuses matières premières commencent à baisser, mais le gaz reste à des niveaux très élevés.

 

Après 6,1 % en juillet et 5,9 % en août, l’inflation s’est établie à 5,6 % en septembre. Cette légère amélioration provient notamment d’une certaine décrue de l’inflation énergétique liée à la baisse du prix du pétrole et à la remise de 30 centimes par litre à la pompe. La situation française diffère fortement de l’évolution allemande, où l’inflation a bondi en septembre.

 

L’énergie et les services expliquent la baisse de l’inflation en septembre. L’inflation énergétique, à 22,7 % en août, a diminué à 17,8 % en septembre du fait du retournement du prix du pétrole et de la remise de 30 centimes par litres à la pompe décidée par le gouvernement. L’inflation sur les services a également baissé de -0,7 point. En revanche, l’inflation sur les produits alimentaires gagne deux points et passe de 7,9 % en août à 9,9 % en septembre.

 

Sur un mois, les prix baissent de -0,5 %. Il s’agit de la première baisse mensuelle depuis un an : en septembre 2021 les prix s’étaient contractés de -0,2 % par rapport au mois d’août. Cette évolution s’expliquerait d’après l’Insee par un repli saisonnier marqué des services touristiques.

 

L’Allemagne a connu une évolution divergente de celle de la France. D’après Destatis, l’inflation aurait atteint 10 % en glissement annuel en septembre (10,9 % pour l’indice harmonisé au niveau européen) et 1,9 % par rapport au mois d’août. L’écart peut notamment s’expliquer par l’inflation énergétique : l’Allemagne, plus dépendante du gaz, connu une inflation sur l’énergie de 43,9 % en septembre, soit plus du double du niveau français.

 

L’inflation en France devrait rester se stabiliser aux alentours de 6 % dans les mois à venir. Des forces divergentes sont à l’œuvre : d’un côté certaines tensions inflationnistes se relâchent, mais d’autres éléments poussent les prix à la hausse. Certaines nouvelles plutôt encourageantes sont apparues concernant l’inflation ces dernières semaines. Le prix du pétrole, qui avait atteint plus de 120 dollars au printemps, est redescendu à moins de 90 dollars fin septembre. 
 

Les pénuries, le coût du transport et les délais de livraison connaissent une amélioration progressive. Par exemple, le Baltic Dry Index (coût du transport de matières premières par bateau), malgré un léger rebond, est revenu à son niveau de début 2021. De plus, le prix des produits alimentaires mondiaux se détend depuis leur pic observé au printemps 20212.
 

Le prix du gaz, qui avait flambé début septembre, s’est replié depuis tout en restant à des niveaux très élevés.

Le principal motif d’inquiétude demeure le prix du gaz et, par ricochet, de l’électricité. Malgré une détente ces dernières semaines, le prix reste près de dix fois plus élevé que leur moyenne d’avant-crise. Les récents sabotages sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2 ont par ailleurs conduit à un rebond du prix du gaz. Le comportement des entreprises industrielles est également un sujet d’inquiétude. Jusqu’à présent, les prix de production de l’industrie (+ 25 % en moyenne) ont augmenté nettement plus vite que les prix des produits manufacturiers (moins de 4 % de hausse). Il est possible que les hausses de coûts se répercutent de manière plus importante aux consommateurs dans les mois à venir.
 

Enfin, en début d’année 2023 le relèvement du bouclier tarifaire conduira à une hausse de 15 % du prix du gaz et de l’électricité pour les consommateurs.

(source Asterès)